Prenons l’exemple d’une coupure bénigne : celles et ceux qui cicatrisent facilement s’en remettent sans même un pansement. D’autres sont obligés d’en changer plusieurs fois dans la journée. Parfois la blessure est plus profonde, la peau entaillée au-delà de l’épiderme. Pour que le sang cesse de couler, il faut alors désinfecter et recoudre. Mais, sans prise en charge, l’infection menace et risque d’empoisonner, de corrompre l’ensemble du système. Ce qui n’était pas grand-chose au départ prend d’autres proportions, voilà que l’organisme s’effondre, ne peut plus faire face tout seul. Bien sûr, ça dépend beaucoup de l’ampleur de la blessure, mais, sans soins, on peut réellement mourir d’une coupure. Ce n’est pas une question de force morale ou physique, l’exemple du roi Richard Iᵉʳ Cœur de Lion est frappant : après plusieurs guerres et croisades, de très nombreuses batailles, c’est lors d’une petite révolte en Aquitaine qu’il est touché par un trait d’arbalète à l’épaule. La blessure est d’abord considérée comme sans importance, puis la plaie s’infecte et il meurt 11 jours plus tard, le 6 avril 1199.
Comme le corps, l’esprit se blesse
Dans le système psychique, l’équivalent de la coupure, c’est souvent un événement qui paraît gérable sur le moment : un incident banal, une petite agression, une humiliation, un conflit. L’équivalent de la plaie plus profonde, c’est un accident, un deuil, une rupture, une trahison. Il y a aussi les micro-blessures qui se répètent : une exposition fréquente à la violence, une accumulation d’épisodes qui dépassent les capacités d’intégration. Sur le moment, on peut continuer à fonctionner, comme on continue parfois sa journée avec une plaie qui ne saigne pas trop. Mais un événement devient traumatique lorsqu’il dépasse la capacité à symboliser, débordant les possibilités de liaison psychique : une quantité d’affect et/ou d’excitation impossible à intégrer, qui continue d’agir comme une blessure qui ne se referme pas, ou qui se referme mal. Il y aura des effets secondaires, des mouvements de compensation pour que l’appareil psychique continue à fonctionner. Ce qui saigne en continu, ce sont ces affects liés au traumatisme, et ils continueront à s’écouler là où ils le peuvent, contaminant peu à peu le fonctionnement dans son ensemble.
Sepsis, post-traumatisme : même combat
Le traumatisme non traité prend alors le même chemin qu’une infection qui progresse. L’événement continue d’agir en arrière-plan, contamine des zones qui n’étaient pas touchées au départ. On le voit par des signes qui peuvent être typiques : répétitions (situations qui reviennent, choix relationnels récurrents), intrusions (images, cauchemars, flashs), hypervigilance, évitements, anesthésie affective, irritabilité, dissociation, douleurs somatiques, conduites de fuite (alcool, drogues, sexualité compulsive, travail), effondrement dépressif ou attaques de panique. Le sujet tient encore, mais au prix d’un coût croissant : comme un organisme en hémorragie qui fonctionne marginalement jusqu’au moment où il décompense.
Le soin, une évidence
Comme pour une blessure physique, se soigner n’est alors ni une faiblesse, ni un confort. Aller mieux n’est pas qu’une question de volonté, de caractère, de discipline. Celles et ceux qui recherchent la performance l’ont compris depuis longtemps, on ne peut pas faire l’économie du soin psychique. On n’attend pas la rupture, on travaille en prévention, on s’entoure, on ajuste la charge, on accepte qu’un petit signal puisse annoncer quelque chose de plus grave. De plus en plus d’athlètes ont normalisé le recours à un suivi psy, un thérapeute en soutien pour rester fonctionnel, récupérer, traverser les chocs (pression, blessures, échec, surexposition, isolement). Ce que le sport de haut niveau a intégré de façon très concrète, l’idée qu’il faut anticiper et considérer sérieusement la santé mentale n’est pas un privilège de champions : c’est une hygiène de vie psychique valable pour tous. Il s’agit de traiter/reconnaître la lésion, la nettoyer (mettre des mots, repérer les déclencheurs, restaurer du sens), la refermer (contenir, sécuriser, accrocher l’événement à une histoire), parfois recoudre (reconstruire des liens, des limites, une continuité). Sans ce travail (dans un cadre analytique ou autre) le traumatisme peut rester actif, s’étendre, et finir par désorganiser durablement l’ensemble du fonctionnement psychique.
Agir, c’est forcément choisir. Une décision s’impose, mais quelque chose en nous résiste. Inhibition, répétition, évitement : l’inconscient nous rejoue de vieilles histoires et les blocages nous empêchent d’avancer. Que ce soit par peur du changement, par lassitude ou par épuisement, on hésite, on remet à plus tard.
Comment faire ?
Au moment d’agir, on sait assez bien ce qu’on risque de perdre, pas tellement ce que l’on pourrait y gagner (même si on espère faire au mieux). Agir, c’est toujours rompre un équilibre, même s’il est précaire et qu’il est la cause de nos souffrances. Pour comprendre ce qui nous bloque, il faut parfois interroger nos rapports au manque, au désir, à l’Autre.
Quand faire ?
Le temps psychique est subjectif et n’est pas tenu à des impératifs concrets, et il n’y a pas de bon moment, pas plus que d’âge idéal. Simplement, ce qui semblait impossible hier devient nécessaire aujourd’hui : il faut alors écouter le besoin, ou le désir.
Pourquoi faire ?
Agir, c’est revenir au réel par une inscription symbolique qui marque une rupture entre un avant et un après. Chaque acte est signifiant, mais lorsqu’il est consciemment choisi, il donne sens.
Que ce soit pour exprimer un ressenti, poser des limites ou demander de l’aide, la peur du jugement, la crainte des conséquences ou le doute nous retiennent.
Comment dire ?
Parfois, les mots semblent inutiles. Lorsque l’on a déjà répété cent fois la même chose, que l’on n’est pas entendu, lorsque l’enjeu paraît hors d’atteinte, disproportionné, lorsqu’il est trop tard.
Quand dire ?
Parfois, ce n’est pas le moment. Lorsque l’on n’est pas prêt, derrière nos silences et nos hésitations se joue un équilibre entre espoir et protection.
Pourquoi dire ?
Les mots libèrent, ils exposent, ils rassemblent, ils donnent. Mot après mot, la parole répare le tissu infini qui nous relie aux autres et au monde.
Un regard sans éclat : parfois, la tristesse s’installe sans qu’on s’en rende compte, suite à des circonstances difficiles ou parce qu’on traverse une période compliquée.
Ce n’est pas forcément une dépression, mais un sentiment pesant et persistant qui peut rendre le quotidien plus lourd et détériorer nos relations.
Le risque, c’est qu’elle éteigne peu à peu nos désirs et l’envie d’avancer. Mais ce n’est absolument pas une fatalité ! Et en parler, c’est déjà commencer à aller mieux.
La tristesse qui persiste peut d’abord sembler anodine, mais elle agit négativement sur bien des aspects de la vie. Elle érode progressivement l’énergie, altère la concentration, freine les projets et peut même finir par compromettre les relations avec nos proches. Ce sentiment diffus transforme le quotidien en une routine sans saveur, où chaque effort semble plus lourd.
Plutôt que de la laisser s’enraciner, il est essentiel de la reconnaître et d’en explorer les causes. La psychanalyse permet de poser des mots sur ce qui bloque, d’examiner l’origine et l’histoire d’un sentiment qui s’installe durablement et nous affecte, d’en alléger progressivement l’impact.
Si votre tristesse vous semble trop envahissante, qu’elle nuit à votre équilibre personnel et relationnel, qu’elle vous pèse trop finalement, donnez vous le temps d’une séance.
C’est la traduction du langage de l’inconscient, la révélation d’un désir refoulé. Il n’existe pas de dictionnaire universel, car chaque rêve porte une signification profondément personnelle.
Les rêves sont bien plus que de simples images ou histoires qui traversent notre esprit durant la nuit. Ils sont le langage codé de l’inconscient, un espace où nos désirs, nos angoisses et nos émotions refoulées trouvent un moyen de s’exprimer. Contre l’idée d’un alphabet universel des rêves, la psychanalyse considère que chaque rêve a une signification profondément liée à l’histoire personnelle de celle ou de celui qui rêve.
L’interprétation d’un rêve n’est jamais une réponse toute faite, mais une exploration menée en commun par l’analysant et l’analyste. Les symboles qui surgissent dans un rêve deviennent des indices précieux pour mieux comprendre nos besoins, nos conflits intérieurs et nos aspirations.
La psychanalyse permet d’explorer ces messages, de découvrir ce que votre inconscient veut tellement vous dire.
Décoder un rêve, c’est éclairer ce qui reste dans l’ombre, et parfois trouver une ouverture ou une réponse inattendue, des clés pour avancer sur le chemin de la connaissance de soi.
Toutes ces évolutions tendent à générer une atmosphère oppressante qui contribue parfois à un sentiment diffus de malaise et des inquiétudes qui prennent le pas sur les projets.
Chaque jour, l’actualité nous confronte à des réalités complexes et alarmantes. Cette exposition répétée peut susciter un malaise sourd, une angoisse que nous portons sans toujours en identifier l’origine et qui concourt à réduire les perspectives d’avenir en étouffant peu à peu notre énergie.
Mais, ces représentations ne sont pas une fatalité pour autant : la psychanalyse offre un espace précieux pour accueillir les impressions et les sentiments.
En mettant des mots sur ce qui nous oppresse, nous pouvons explorer de nouvelles manières de penser et de vivre les changements à venir. L’angoisse du monde qui change parle souvent d’autre chose, nous renvoie à des peurs plus primitives auxquelles il nous faut parfois nous confronter avant de ne plus subir et d’ouvrir un chemin qui nous appartient.
La psychanalyse offre un espace pour apaiser ces angoisses : ouvrir de nouvelles perspectives pour retrouver le désir et l’envie d’agir.
Ce n’est parfois que l’effet du changement de saison, mais c’est toujours l’occasion de prendre le temps de s’écouter, car la sensation de fatigue constante peut résulter d’un malaise plus profond (stress, burnout, dépression).
Une fatigue qui dure peut avoir de multiples causes, souvent interconnectées. C’est parfois le signal d’un déséquilibre entre le corps, l’esprit et l’environnement.
Certaines causes physiologiques sont à chercher du côté des troubles du sommeil, d’une alimentation déséquilibrée ou de carences en vitamines et minéraux. Les transitions, les changements, peuvent également déséquilibrer le rythme biologique.
Sur le plan psychique, le stress chronique est une cause majeure : il épuise les ressources mentales et physiques, engendrant une fatigue qui semble insurmontable. De même, un burnout lié à une surcharge de responsabilités professionnelles ou personnelles peut se manifester par une perte totale d’énergie. La dépression, finalement, plonge dans un état d’épuisement généralisé, où chaque action quotidienne peut devenir un effort.
La fatigue est un signal, une invitation à ralentir et à écouter ce qui se passe en nous. Comprendre les causes est une étape clé pour retrouver un équilibre. La psychanalyse offre l’espace de réflexion et d’exploration idéal pour engager un véritable processus d’amélioration.
Dans un monde qui va toujours plus vite, il est facile d’oublier une partie essentielle de notre bien-être : notre santé mentale. Pourtant, c’est elle qui influence nos émotions, nos relations, nos décisions, et parfois même notre santé physique.
La psychanalyse offre un espace unique :
Pour comprendre ce qui se joue en nous, au-delà des mots.
Pour apaiser des blessures ou des blocages qui freinent notre épanouissement.
Pour retrouver un équilibre entre nos pensées, nos émotions, et nos actions.
Que nous soyons confronté(e) à des moments difficiles (stress, anxiété, burn-out, doutes) ou simplement curieux(se) de mieux nous connaître, nous avons accès à une véritable opportunité de transformation.
Prendre soin de son esprit, c’est aussi une forme de prévention. Inutile d’attendre que les choses deviennent insurmontables, en prenant le temps de nous écouter, nous ouvrons la porte à une vie plus sereine et authentique.
Dans un monde instable où les exigences professionnelles, relationnelles et sociales évoluent vers toujours plus de complexité, la santé mentale est mise à rude épreuve. Des pathologies comme la dépression, le burn-out, les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles de l’attention, l’angoisse et le stress chronique touchent un nombre croissant de personnes. Mais, ces souffrances ne sont pas des fatalités, et la psychanalyse apporte des solutions pérennes pour faire face et s’améliorer, dans la mesure où elle s’adapte également au monde dans lequel nous vivons, qu’elle s’ouvre aux multiples facettes et aux infinies perspectives des subjectivités.
Qu’est-ce que le perspectivisme ?
Chaque individu perçoit et interprète le monde à partir de son propre point de vue, influencé par son expérience, son histoire et son environnement. Il n’y a pas de vérité unique, mais une composition kaléidoscopique de la réalité, où chaque facette est liée à un contexte.
Cette position philosophique nous invite à explorer les structures de l’inconscient à travers des chemins variés, plutôt que de chercher une structure universelle. Appliqué à l’approche clinique du soin, c’est une invitation à envisager une posture recentrée sur le sujet, qui s’avère souvent plus adaptée qu’une stratégie généralisante.
Explorer les mécanismes inconscients
La psychanalyse est un espace privilégié d’exploration des dimensions de l’expérience humaine, qu’il s’agisse des souvenirs, des expériences ou des émotions liées. Le perspectivisme rappelle que l’identité, les croyances et les comportements sont modulés par de nombreux éléments, produits du contexte et de la transmission.
Un soutien adapté aux pathologies courantes
1/ Dépression et burn-out : retrouver une vision d’ensemble
La dépression et le burn-out induisent souvent une perception réduite de soi et du monde, une vision en tunnel marquée par le pessimisme et le sentiment d’impuissance. Le perspectivisme suggère une ou des possibilités de décalage qui permettent de réinvestir les dimensions masquées de l’existence : des souvenirs, des rêves, ou des aspirations anciennes qui peuvent être redécouvertes pour élargir le champ des possibles.
En rendant conscientes ses perspectives multiples, le patient peut progressivement se rapprocher d’un équilibre entre aspirations personnelles et contraintes extérieures, et retrouver le désir d’agir.
2/ Troubles obsessionnels compulsifs : dénouer des structures rigides
Les TOC se caractérisent par des schémas de pensée contraignants et des comportements répétitifs qui emprisonnent l’individu dans une seule manière d’être au monde. Toute obsession dérive d’une tentative inconsciente de contenir et cloisonner une angoisse profonde.
En s’intéressant aux perspectives fixées par le sujet, la psychanalyse peut aider à identifier les raisons profondes de ses résistances, à se décentrer et à développer une plus grande souplesse dans ses représentations.
3/ Troubles de l’attention : stabiliser l‘objectif
Les troubles de l’attention, qui sont souvent perçus comme une difficulté à se concentrer, agissent comme des signaux qui révèlent les tensions psychiques ou les conflits internes. Inconsciemment, les tremblements incessants occupent tout l’espace pour rendre flou le paysage que l’on ne veut surtout pas voir.
L’incapacité à maintenir l’attention sur une tâche peut ainsi se manifester comme le symptôme visible d’une lutte inconsciente entre des désirs contradictoires ou une surcharge émotionnelle. Dans le champ des perspectives du sujet, il s’agit alors de comprendre ce qui interfère avec la focalisation.
4/ Angoisse et stress chronique : redessiner la carte
Sentiment de perte de contrôle et/ou appréhension face à l’avenir, dans ces deux cas le perspectivisme suggère la possibilité de s’extraire des projections temporelles pour se replacer dans le moment présent.
En mettant en lumière des perspectives alternatives aux perceptions actuelles, le patient reconstruit des repères et une géographie interne plus vaste qui lui permettent d’envisager le monde d’une manière plus apaisée.
Au cœur de l’approche
Plutôt que de catégoriser trop rapidement ou d’imposer une interprétation, le perspectivisme garantit au patient un accompagnement empathique qui valorise son autonomie et respecte son rythme.
La solution est rarement immédiate, les symptômes visibles ne sont bien souvent que l’arbre qui cache la forêt, et il s’agit de développer une compréhension profonde des déterminants inconscients qui causent déséquilibre et souffrance.
L’approche perspectiviste en psychanalyse tient compte de la complexité de chaque individu, s’intéresse à son récit personnel, à son histoire intime, pour comprendre les signaux porteurs de sens qui ouvrent la voie à une transformation durable.
Une solution tournée vers le sujet
La santé mentale est trop souvent standardisée, et le perspectivisme offre un espace de liberté et de créativité pour comprendre et traiter les pathologies. Que ce soit pour la dépression, le burn-out, les TOC, les troubles de l’attention et l’angoisse, ou bien pour toute autre affection psychique, cette approche propose une alternative profonde et bienveillante.
Si vous cherchez un accompagnement respectueux de votre singularité, n’hésitez pas à explorer cette voie. Dans la richesse de vos perspectives intérieures se trouve sans doute la clé d’une vie plus équilibrée et harmonieuse.
N’hésitez pas à me contacter si vous le souhaitez, pour plus d’informations.
Ceux qui s’expatrient vivent une aventure extraordinaire, ils saisissent l’occasion ou se créent l’opportunité de découvrir le monde, de connaître d’autres cultures et d’autres manières de fonctionner, d’éprouver aussi de quel bois ils sont faits face à l’inconnu et l’altérité. Le voyage est exaltant, mais parfois périlleux : il faut quitter la terre d’origine, la mère patrie, la mère et le père. Il y a toujours un moment où les repères qui s’éloignent laissent dans la bouche un goût amer. Ce sentiment d’ordinaire passager peut s’installer ici durablement : la nostalgie du pays, de la famille, des amis.
Identité
Partir à l’étranger, pour y vivre, s’y installer, pour travailler, c’est probablement l’une des expériences les plus enthousiasmantes et passionnantes que l’on puisse entreprendre. Les conditions sont diverses, une mutation professionnelle, une création d’entreprise, un regroupement familial, seul ou à plusieurs, dans le confort ou contraint par un budget serré. Les motivations sont multiples, souvent un travail, parfois un rêve, toujours un projet considérable. Les attentes sont ainsi à la mesure de l’énergie déployée pour y parvenir, et, à l’excitation débordante de l’installation succède une longue période d’adaptation, de réajustement et de changements qui touche directement au cœur du sujet : son identité.
Tout ce qui semblait acquis est remis en cause : la langue, les habitudes, les coutumes, l’apparence, les relations sociales, l’humour, la nourriture, la culture dans son ensemble. On s’accroche d’abord à ce que l’on reconnaît, puis on s’efforce d’apprendre ce qui diffère, pour finalement trouver dans cet écart permanent la possibilité d’exister de manière unifiée. Cet équilibre instable induit le risque de s’enfermer dans les clichés et de plus être autre chose qu’une exotique mais lassante combinaison artificielle.
L’exposition à d’autres cultures agit différemment selon le réglage très personnel des curseurs de rigidité et de curiosité. Là aussi, les exemples sont contrastés.
Je donne d’abord le cas d’un chef de projet pour un grand groupe de travaux publics, délocalisé pour une mission en Chine, qui rentre en France après deux ans sans connaître le moindre mot de mandarin, qui n’a absolument rien visité en dehors de son chantier, qui s’en est tenu à ne fréquenter que le réseau local des autres expatriés et s’est exclusivement nourri de steak-frites, pizza et burgers proposés par les enseignes internationales.
Je donne ensuite le cas d’un agent du ministère des Affaires étrangères posté pour trois ans à l’institut français dans un pays d’Afrique de l’Ouest, qui se plonge dans la culture locale, qui traverse le pays dans tous les sens pendant son temps libre, qui prolonge au maximum son affectation et qui hésite à quitter le ministère pour s’installer définitivement sur place, qui ne veut plus rentrer en France.
L’un et l’autre sont excessifs, le premier rentre en France comme il est parti, indifférent aux deux années passées à l’étranger. Le second ne rentre peut-être pas, complètement différent, complètement changé. L’expérience commune se situe bien sûr entre les deux, et ce que ces exemples montrent, c’est l’inévitable ligne de fissure qui se dessine entre ce que l’on était et ce que l’on devient.
Qui l’on était, qui l’on devient ? Surtout cette incertitude soulignée à tous les moments de l’expatriation : qui l’on est ? À cette interrogation, l’expatrié échappe difficilement tant elle s’impose, dans les choix quotidiens, dans les relations avec les autres, dans les plaisirs comme dans les difficultés.
La question est constante, et elle se pose dès le départ : à l’aéroport, le voyage commence à peine qu’il faut déjà justifier son identité, la prouver au passage de la douane, la décliner tout en indiquant ses intentions lorsque l’on entre en territoire étranger. C’est paradoxalement à ce moment que, du point de vue du lieu, on devient effectivement l’étranger. Cette réalisation qui n’est pas encore rendue consciente infuse pendant quelques jours, quelques semaines, quelques mois, avant de s’intégrer à l’image de soi.
Intégration
C’est le deuxième enjeu, et la tâche est parfois immense : se repérer dans l’espace, une langue à apprendre, des démarches administratives, le fonctionnement des services, les codes sociaux, les références culturelles, les droits et les devoirs, les interdits, les aliments et la cuisine. Seul, il faut affronter l’isolement et la peur d’aller vers l’inconnu. En couple, en famille, il faut lutter contre la tentation confortable de se replier sur ce que l’on connaît, de rester entre soi.
Malgré la fatigue qu’une telle dépense d’énergie provoque, il faut s’adapter assez vite à un nouveau mode de vie, comme prendre part à une danse dont on ne connaît pas encore les mouvements. À ce stade, la curiosité motive à aller vers les autres.
Lorsque le projet d’expatriation est défini, que la mission est encadrée, le sujet se place plus facilement dans le rythme de l’expérience et parvient à se situer de manière plus confiante.
Lorsque le projet est incertain, en construction, dépendant de nombreux aléas, qu’il est vécu en accompagnement (dans le cas d’un couple), l’image de soi souffre d’une constante instabilité, d’une remise en cause permanente, d’une grande difficulté à se représenter un objectif stable et rassurant. Une personnalité antérieurement marquée par le doute et la fragilité peut ici perdre le ciment de ses représentations et s’effriter au contact de l’ailleurs, au risque de perdre toute substance et de se diluer dans l’expérience, ou, au contraire, sceller ses défenses dans un rejet systématique de l’autre, dans une carapace refoulante et exclusive qui porte seule les espoirs d’un retour possible à un monde familier et idéalisé.
C’est forcément en s’intégrant que l’expatrié trouve le meilleur moyen d’incorporer l’étendue de ses nouvelles expériences. Il prend désormais une place nouvelle qui s’étend et se dessine au fur et à mesure de ses interactions avec son environnement, et cette place lui renvoie l’image de lui-même, en mouvement et en devenir, mais centrée ici et maintenant.
Réintégration
C’est la troisième étape, le retour du pays d’accueil vers le pays d’origine. On l’imagine un peu trop simplement comme une reprise, mais voilà bien l’ironie des expériences d’expatriation : elles nous rendent définitivement différents ! Étranger lorsque l’on arrive dans un nouveau pays, étranger lorsque l’on rentre dans son pays. En effet, celui qui revient au bercail n’est plus tout à fait au courant des nouvelles de la maison, des plus récentes dynamiques, de la mode du jour, et ses nouvelles attitudes paraissent bien originales, curieuses, étranges. Celles qui retrouve ses parents et ses amis d’enfance n’est plus vraiment en phase avec des habitudes qui ne sont plus pour elle que des souvenirs, des rituels nostalgiques d’un temps passé. On ne retrouve jamais exactement ce que l’on a quitté, et l’on craint un peu de donner à voir ce que l’on est devenu ; c’est le syndrome d’Ulysse qui ne peut enfin reposer les pieds sur le sol d’Ithaque que déguisé en mendiant.
La psychanalyse, un espace de soutien pour les expatriés
Les symptômes sont très variés : agitation ou, au contraire, apathie. Tristesse constante, baisse de l’estime de soi, insécurité dans les relations avec les autres, sentiment de vulnérabilité, angoisse permanente, peur d’un environnement perçu comme menaçant, dangereux, ou bien colère, agressivité accrue, intolérance.
Comme toujours, des problèmes de santé physique peuvent indiquer un déséquilibre psychique : fatigue chronique, sommeil troublé, migraines, nausées, étourdissements, difficultés respiratoires, etc.
Le cabinet psychanalytique propose un espace pour se pencher sur les émotions liées à l’expatriation, pour comprendre les dynamiques internes et mettre en lumière les conflits inconscients. C’est un point de stabilité dans un environnement souvent perçu comme instable. Les séances régulières fournissent un cadre sécurisant et les expatriés peuvent y exprimer librement leurs préoccupations et leurs espoirs. Ce soutien continu est particulièrement précieux lorsque les réseaux sociaux et familiaux sont éloignés.
Les séances permettent de mieux gérer les défis du choc culturel, la perte des repères, la difficulté à s’intégrer et le sentiment d’isolement. Le dialogue avec l’analyste inaugure un soutien précieux pour apprendre à naviguer dans une nouvelle culture tout en conservant son identité propre. C’est aussi un outil efficace pour faire face aux défis personnels, aux pressions professionnelles et aux attentes élevées qui peuvent générer un stress important.
Il s’agit d’intégrer avantageusement les nouvelles expériences pour trouver un équilibre entre culture d’origine et culture d’accueil. En comprenant mieux les mécanismes de défense mis en place face à la nouveauté, on peut envisager des stratégies d’adaptation plus saines. Les expatriés peuvent développer une plus grande confiance en eux et une capacité accrue à faire face aux difficultés, une meilleure connaissance de soi.
La psychanalyse ouvre également à une recherche de sens, un questionnement sur soi, un développement personnel qui permet d’envisager de manière plus claire et plus sereine tous les projets à venir, qu’ils soient en France ou ailleurs !
Ma solution à distance
Ayant vécu de nombreuses années à l’étranger (Maroc, Canada, Royaume-Uni), je suis particulièrement sensible aux difficultés que peuvent rencontrer les expatriés. J’ai à cœur d’aider au mieux celles et ceux qui me sollicitent, de les accompagner le temps d’un blocage passager ou pendant une plus longue période lorsque la situation empêche de fonctionner et que la tristesse ou l’angoisse prennent toute la place.
Je propose des séances à distance, par visio : vous n’avez besoin que d’une bonne connexion, d’un téléphone, d’une tablette ou d’un ordinateur équipé d’une caméra, et d’un espace au calme.
Dans le cadre de l’écran, vous me retrouverez au moins une fois par semaine pour un rendez-vous depuis mon cabinet situé à Antibes. Cette expérience est similaire à la cure en présence, les mécanismes fonctionnent de la même manière. Depuis chez vous, sur votre propre divan ou dans un fauteuil, jusque chez moi, nous réduirons momentanément la distance pour que cette séance soit la vôtre.
Je suis toujours très heureux de vous recevoir également en présence lorsque vous revenez en France pour des vacances ou des besoins ponctuels.
Comme en présence, les séances durent 50 minutes pour un tarif moyen de 60 euros. Pour celles et ceux qui hésitent ou qui sont pris par le temps, je mets à disposition une formule spéciale visio : 30 minutes / 30 euros.
Dans la mesure du possible, je m’adapte bien sûr au décalage horaire pour que vous puissiez bénéficier d’un rendez-vous entre 08h00 et 22h00 chez vous.
N’hésitez pas à me contacter si vous le souhaitez, pour plus d’informations.