Blessures du corps et de l’âme

Ce n’est rien, ça va aller

Prenons l’exemple d’une coupure bénigne : celles et ceux qui cicatrisent facilement s’en remettent sans même un pansement. D’autres sont obligés d’en changer plusieurs fois dans la journée. Parfois la blessure est plus profonde, la peau entaillée au-delà de l’épiderme. Pour que le sang cesse de couler, il faut alors désinfecter et recoudre. Mais, sans prise en charge, l’infection menace et risque d’empoisonner, de corrompre l’ensemble du système. Ce qui n’était pas grand-chose au départ prend d’autres proportions, voilà que l’organisme s’effondre, ne peut plus faire face tout seul. Bien sûr, ça dépend beaucoup de l’ampleur de la blessure, mais, sans soins, on peut réellement mourir d’une coupure. Ce n’est pas une question de force morale ou physique, l’exemple du roi Richard Iᵉʳ Cœur de Lion est frappant : après plusieurs guerres et croisades, de très nombreuses batailles, c’est lors d’une petite révolte en Aquitaine qu’il est touché par un trait d’arbalète à l’épaule. La blessure est d’abord considérée comme sans importance, puis la plaie s’infecte et il meurt 11 jours plus tard, le 6 avril 1199.

Comme le corps, l’esprit se blesse

Dans le système psychique, l’équivalent de la coupure, c’est souvent un événement qui paraît gérable sur le moment : un incident banal, une petite agression, une humiliation, un conflit. L’équivalent de la plaie plus profonde, c’est un accident, un deuil, une rupture, une trahison. Il y a aussi les micro-blessures qui se répètent : une exposition fréquente à la violence, une accumulation d’épisodes qui dépassent les capacités d’intégration. Sur le moment, on peut continuer à fonctionner, comme on continue parfois sa journée avec une plaie qui ne saigne pas trop. Mais un événement devient traumatique lorsqu’il dépasse la capacité à symboliser, débordant les possibilités de liaison psychique : une quantité d’affect et/ou d’excitation impossible à intégrer, qui continue d’agir comme une blessure qui ne se referme pas, ou qui se referme mal. Il y aura des effets secondaires, des mouvements de compensation pour que l’appareil psychique continue à fonctionner. Ce qui saigne en continu, ce sont ces affects liés au traumatisme, et ils continueront à s’écouler là où ils le peuvent, contaminant peu à peu le fonctionnement dans son ensemble. 

Sepsis, post-traumatisme : même combat

Le traumatisme non traité prend alors le même chemin qu’une infection qui progresse. L’événement continue d’agir en arrière-plan, contamine des zones qui n’étaient pas touchées au départ. On le voit par des signes qui peuvent être typiques : répétitions (situations qui reviennent, choix relationnels récurrents), intrusions (images, cauchemars, flashs), hypervigilance, évitements, anesthésie affective, irritabilité, dissociation, douleurs somatiques, conduites de fuite (alcool, drogues, sexualité compulsive, travail), effondrement dépressif ou attaques de panique. Le sujet tient encore, mais au prix d’un coût croissant : comme un organisme en hémorragie qui fonctionne marginalement jusqu’au moment où il décompense.

Le soin, une évidence

Comme pour une blessure physique, se soigner n’est alors ni une faiblesse, ni un confort. Aller mieux n’est pas qu’une question de volonté, de caractère, de discipline. Celles et ceux qui recherchent la performance l’ont compris depuis longtemps, on ne peut pas faire l’économie du soin psychique. On n’attend pas la rupture, on travaille en prévention, on s’entoure, on ajuste la charge, on accepte qu’un petit signal puisse annoncer quelque chose de plus grave. De plus en plus d’athlètes ont normalisé le recours à un suivi psy, un thérapeute en soutien pour rester fonctionnel, récupérer, traverser les chocs (pression, blessures, échec, surexposition, isolement). Ce que le sport de haut niveau a intégré de façon très concrète, l’idée qu’il faut anticiper et considérer sérieusement la santé mentale n’est pas un privilège de champions : c’est une hygiène de vie psychique valable pour tous. Il s’agit de traiter/reconnaître la lésion, la nettoyer (mettre des mots, repérer les déclencheurs, restaurer du sens), la refermer (contenir, sécuriser, accrocher l’événement à une histoire), parfois recoudre (reconstruire des liens, des limites, une continuité). Sans ce travail (dans un cadre analytique ou autre) le traumatisme peut rester actif, s’étendre, et finir par désorganiser durablement l’ensemble du fonctionnement psychique. 

Psychanalyste, membre adhérent du SNPPsy

Un engagement professionnel, éthique et humain

Je suis membre adhérent du SNPPsy, le Syndicat National des Praticiens en Psychothérapie relationnelle et Psychanalyse.

Cette adhésion marque une étape dans mon parcours, dans la reconnaissance et la cohérence de ma pratique, dans l’engagement professionnel à exercer dans un cadre clair, responsable et humain.

Pourquoi le SNPPsy ?

Le SNPPsy est l’une des organisations les plus reconnues en France pour son exigence en matière de déontologie.

Son action motivée par la défense et la structuration des professions de psychopraticien relationnel et de psychanalyste s’articule autour de plusieurs axes essentiels :

  • Respect de la personne et de sa subjectivité
  • Intégrité du soin
  • Compétence professionnelle
  • Responsabilité

Je rejoins avec enthousiasme un collectif de praticiens qui travaillent chaque jour à défendre une psychothérapie ouverte, pluraliste et exigeante. Mon engagement s’inscrit davantage dans un cadre collectif et institutionnel.

Mon engagement personnel

J’accorde une place centrale :

  • À l’écoute profonde, attentive aux différentes strates du vécu, du conscient à l’inconscient, avec le respect absolu de la confidentialité et de l’intimité psychique.
  • À la relation thérapeutique comme espace d’élaboration, de transformation et de liberté psychique.
  • Au cadre, indispensable pour offrir un lieu sûr où la parole peut se déployer, avec une posture professionnelle claire, sans emprise, sans jugement, sans interprétation hâtive.
  • À la supervision régulière, qui soutient une pratique vivante, rigoureuse et en constante évolution, avec le souci de travailler dans les limites de mes compétences, en orientant si nécessaire.

Mon adhésion au SNPPsy s’inscrit dans cette logique de professionnalisation et d’exigence déontologique : c’est un repère essentiel, une garantie pour les personnes qui me consultent.

Pluralisme et complémentarité des soins

D’autre part, je crois fermement en la valeur, la diversité et la complémentarité des approches en santé mentale. Je milite pour une pluralité vivante des psychothérapies et je maintiens mon engagement en faveur d’un accès libre, respectueux et déontologique à la psychanalyse et aux psychothérapies relationnelles.

Dans le débat actuel autour de la santé mentale en France, il semble essentiel de rappeler que les patients ne souffrent pas de la même manière, ni au même rythme, et qu’aucune méthode, qu’elle soit médicale, psychologique ou analytique, ne peut prétendre répondre seule à la complexité de l’humain. Les approches se renforcent mutuellement lorsqu’elles dialoguent : la psychanalyse éclaire les enjeux inconscients, les thérapies relationnelles soutiennent la dynamique affective et subjective, les approches comportementales aident à stabiliser certains mécanismes, et la psychiatrie joue un rôle déterminant lorsque les symptômes nécessitent un soutien médical.

Dans cette perspective, adhérer du SNPPsy permet de défendre cette idée que la santé mentale ne doit pas se réduire à une logique d’exclusion, mais au contraire s’appuyer sur la richesse de ses différentes approches pour offrir à chacune et chacun un chemin thérapeutique adapté. La psychanalyse et les psychothérapies relationnelles dessinent une part importante du tableau global des psychothérapies et, plus largement, du paysage du soin psychique en France. Non pas contre d’autres approches, mais avec elles, dans une logique de coopération, de circulation et de synergie.

L’enjeu central reste de permettre à chaque personne de trouver l’approche qui lui convient et qui l’aide réellement à transformer sa vie.

Santé mentale au travail

La santé mentale au travail est devenue un enjeu majeur. En 2025, près d’un tiers des salariés français se trouvent en situation de mal-être psychologique, et 87 % identifient le travail comme le premier facteur influençant leur état mental. Bien que 85 % se disent en bonne santé mentale, les études cliniques estiment que 25 à 30 % sont en difficulté réelle.

Enjeux et déterminants

Selon l’OMS, un travail décent favorise le bien-être, tandis qu’un cadre médiocre (charge excessive, faible autonomie, discrimination, insécurité de l’emploi) constitue un risque majeur pour la santé mentale. En 2019, 15 % des adultes actifs souffraient d’un trouble mental dans le monde.

Les risques psychosociaux (RPS) sont désormais clairement identifiés : intensité du travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, relations dégradées, conflits de valeurs, insécurité quant à l’avenir. Ils génèrent stress, troubles anxieux et dépressifs, épuisement professionnel, addictions, mais aussi des conséquences organisationnelles : turnover, baisse de performance, conflits, désengagement.

Un coût humain et économique massif

La mauvaise santé mentale au travail représente un coût considérable.

  • En France, les maladies psychiques d’origine professionnelle ont augmenté de 25 % en 2023, et 12 000 accidents du travail étaient liés aux RPS.
  • Le coût du mal-être atteint 13 250 € par salarié et par an en moyenne (absentéisme, turnover, perte de productivité).
  • Dans le monde, la dépression et l’anxiété font perdre 12 milliards de journées de travail par an, soit 1 000 milliards de dollars de productivité.

Obligations légales et responsabilités

En France, l’employeur a une obligation légale de protéger la santé mentale (article L.4121-1 du Code du travail) et doit évaluer les RPS, adapter l’organisation et mettre en place des actions de prévention, d’information et de formation.

Prévention et solutions

La prévention repose sur une approche organisationnelle (réduction de la charge, autonomie, reconnaissance, management bienveillant), la formation des managers, la mise en place de services d’écoute, le développement de la culture interne, et des aménagements pour les personnes en souffrance (retour progressif, adaptation du poste).

Les entreprises qui investissent dans la santé mentale constatent une augmentation de la productivité (+6,5 %), une diminution de 21 % du turnover et un retour sur investissement allant jusqu’à 5 pour 1.

[NDR : les données chiffrées proviennent du site de l’apec]

Une solution avec la psychanalyse

Dans un contexte professionnel où les troubles anxieux, dépressifs et les risques psychosociaux augmentent fortement, les entreprises ont besoin de dispositifs capables d’agir en profondeur, durablement, et d’accompagner la singularité des situations humaines. L’approche psychanalytique (en cabinet ou en visio) offre précisément cet espace d’élaboration fine des conflits internes, des mécanismes défensifs et du rapport subjectif au travail, là où les réponses standardisées montrent leurs limites.

Les psychothérapies psychanalytiques sont efficaces pour l’ensemble des troubles psychiques et produisent des effets durables, souvent plus profonds que les interventions brèves centrées sur les symptômes. Leur action sur les processus inconscients favorise une transformation stable de la personnalité, une meilleure régulation émotionnelle et une capacité renforcée à faire face au stress, aux conflits et aux périodes de surcharge.

La visio ne réduit en rien cette efficacité : une vaste étude britannique menée sur 275 000 patients montre même que les consultations à distance permettent une amélioration plus rapide, en raison d’un accès facilité et d’une continuité de suivi accrue. Elles rendent possible l’accompagnement de salariés éloignés, en déplacement, ou en difficulté pour se rendre en consultation, tout en maintenant la qualité du travail thérapeutique.

Dans l’entreprise, cette approche permet :
• de prévenir l’épuisement professionnel et les difficultés relationnelles ;
• d’aider les salariés à comprendre ce qui se rejoue pour eux dans le cadre de travail ;
• de réduire l’absentéisme, les conflits et la souffrance psychique ;
• de soutenir des transformations organisationnelles durables.

Offrir un accès à la psychanalyse en présence ou en visio c’est donner aux salariés un espace pour penser, élaborer et retrouver une capacité d’action. C’est investir dans la santé mentale avec une méthode éprouvée, adaptable et profondément humaine.

Que faire ?

Que dire ?

La tristesse

L’interprétation des rêves

L’angoisse d’un monde qui change

Fatigue persistante

Tout compte, la tête et les jambes